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Et si le futur de l’emploi se trouvait dans les énergies renouvelables ?

Et si le futur de l’emploi se trouvait dans les énergies renouvelables ?

Publié le 21 août 2018

Demain, l’accroissement de la part des énergies renouvelables dans la production énergétique mondiale rendra la planète plus propre, plus respirable et plus viable. Chercheurs, ingénieurs, startups, entreprises, se sont déjà emparés du sujet. Mais quelles retombées en termes d’emploi peut-on vraiment en espérer ?

Pour répondre aux enjeux climatiques et écologiques, il faudrait que la part mondiale des énergies renouvelables (EnR) passe de 18 % en 2015 à 65 % en 2050, selon le récent rapport(1) de l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). Or aujourd’hui encore, les trois grandes énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) représentent 80 % du mix énergétique mondial. En France, les EnR n’ont généré que 10,5 % de la consommation d’énergie primaire en 2017(2). L’emploi a donc de l’avenir sur ce marché des EnR, mais dans quelle mesure ?

Des projections compliquées

Les chiffres actuellement disponibles varient sensiblement en fonction des critères pris en compte : emplois directs, indirects, induits, comportant des « briques de compétences » dans le domaine ou bien totalement dévolus aux EnR… Et les projections dans le futur se heurtent à cette même difficulté.
Le rapport de l’Irena, par exemple, évalue à dix millions le nombre d’emplois actuels liés aux énergies renouvelables dans le monde, avec 500 000 nouvelles créations pour la seule année 2017. Dans cet ensemble, l’Asie se taille la part du lion avec 60 % de la masse mondiale des emplois liés aux énergies renouvelables. La France arrive en troisième position des pays européens avec 1 % du total (107 000 emplois dans les EnR), après l’Allemagne et le Royaume Uni. L’étude nous apprend également que cet essor repose essentiellement sur le photovoltaïque, en hausse de 9 % entre 2016 et 2017, les biocarburants (+ 12 % sur cette même période) puis l’éolien terrestre, par ailleurs en perte de vitesse. Dans un avenir proche, l’éolien offshore pourrait aider à redresser la barre selon cette même source.

Des métiers qui restent à inventer

Mais l’avenir des énergies renouvelables, pour produire de l’électricité verte notamment, dépend avant tout des choix politiques qui seront retenus pays par pays, et notamment des soutiens publics qui seront consentis aux énergies. Pour la France, l’Ademe a publié un rapport optimiste en 2016(4) qui avance l'hypothèse d’un « mix électrique 100 % renouvelable » à l'horizon 2050, ce qui garantirait 830 000 à 900 000 emplois jusqu’à cette date. Dans notre pays, les postes offerts seront globalement qualifiés, car la France privilégie les EnR à haut niveau de recherche et de savoir-faire technologique et opérationnel : chef de projet éolien ou ingénieur thermicien en bureau d'étude, responsable de chaîne de production, opérateur et technicien d’installation et de maintenance qualifié, « leaders expérimentés » pour la direction technique des projets... Sans compter tous les métiers qui restent à inventer. En outre, pour compléter le sujet, il faudrait être en mesure de connaître les incidences du « boom du renouvelable », si boom il y a, sur les pertes d’emploi qu’il induirait par ailleurs, dans les autres types d’énergie notamment. Et, là encore, les experts ne sont pas tous d’accord…

(1) Rapport de l’Irena en anglais.
(2) Commissariat général au développement durable, bilan énergétique de la France métropolitaine en 2017, données provisoires, avril 2018.
(3) Observatoire national des emplois et des métiers de l’économie verte, rapport d’activité 2017.
(4) Un mix électrique 100% renouvelable, Ademe.

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