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Comprendre l'énergie

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Le potentiel énergétique des courants marins

Le potentiel énergétique des courants marins

Publié le 12 janvier 2018

La mer et les océans sont animés d’incessants mouvements : houle, courants et marées sont des phénomènes naturels bien connus. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’ils constituent un important gisement d’énergie naturelle. Zoom sur le potentiel hydrolien des courants marins.

Du fait de ses quatre façades maritimes et de son vaste domaine océanique, la France possède un réel potentiel en termes d’énergies marines renouvelables. Le pays a d’ailleurs été pionnier dans l’exploitation industrielle des marées, avec la construction, en 1966, de l’usine marémotrice de la Rance (Ille-et-Vilaine), qui alimente encore en électricité l’équivalent d’une ville comme Rennes.
Cinquante ans plus tard, en 2016, deux prototypes d’hydroliennes (des engins de 16 mètres de diamètre et pesant 850 tonnes) ont été immergés sur le site pilote de Paimpol-Bréhat et reliés au réseau électrique. Cette année, c’est une ferme de sept hydroliennes qui pourrait voir le jour au large du cap de la Hague, dans le raz Blanchard, là où circule l’un des courants les plus puissants d’Europe (22 km/h lors des grandes marées).

Exploiter l’énergie de la mer

Le principe de fonctionnement d’une hydrolienne est semblable à celui d’une éolienne terrestre, mais au lieu d’être ancrée sur terre, l’hydrolienne est installée sur les fonds marins et utilise l’énergie cinétique (c’est-à-dire due à la vitesse) de l’eau. Le courant marin entraîne les pales de la turbine qui fait à son tour tourner le rotor (électro-aimant) de l’alternateur. Puis l’interaction entre le rotor et les bobines de fil de cuivre de la partie fixe (le stator) crée le courant électrique acheminé par un câble sous-marin jusqu’à terre pour y être injecté sur le réseau national de distribution.

L’atout de la régularité

L’énergie hydrolienne a pour principaux avantages d’être à la fois renouvelable et prédictible. Les courants marins étant réguliers, on peut estimer précisément la production d’une hydrolienne, ce qui n’est pas le cas des éoliennes. Les hydroliennes sont en outre beaucoup plus petites pour une production comparable, du fait de la densité de l’eau, environ 800 fois supérieure à celle de l’air. C’est en outre une source d’énergie naturelle inépuisable et non polluante. Mais cette énergie marine n’a pas encore exprimé tout son potentiel en raison notamment de difficultés techniques.

Des verrous techniques

En France, les premières hydroliennes expérimentales fonctionnent principalement grâce à l’énergie marémotrice*. Elles sont donc implantées près des côtes, par vingt à quarante mètres de fond. Outre la difficulté d’accès (houle…), la maintenance nécessaire (salinité de l’eau…), les problèmes techniques (câblage, raccordement au réseau…) et le coût des ouvrages, l’impact de ces appareils sur la faune sous-marine demeure incertain.

La production d’électricité par les courants marins en est donc au stade exploratoire, mais possède assurément un bel avenir.

*L'énergie marémotrice est issue des mouvements de l'eau créés par les marées et causés par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil. Elle est utilisée soit sous forme d'énergie potentielle - l'élévation du niveau de la mer, soit sous forme d'énergie cinétique - les courants de marée..

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