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L’énergie bleue, le potentiel prometteur des estuaires

L’énergie bleue, le potentiel prometteur des estuaires

Publié le 03 septembre 2018

La mer et les océans recouvrent 70 % de notre planète, constituant un gigantesque réservoir d’énergie naturelle que l’homme exploite depuis l’Antiquité. Zoom sur une technologie expérimentale qui utilise la salinité de l’eau pour produire de l’électricité : l’énergie osmotique, appelée aussi énergie bleue.

Exploitation de la température des mers, de la houle, des mouvements de marée, des courants océaniques… Les énergies marines renouvelables (EMR) n’ont pas fini de faire des vagues ! Et pour cause, dans un contexte mondial d’épuisement des ressources fossiles et de lutte contre le réchauffement climatique, elles connaissent un redoublement d’intérêt. Il faut dire que leur potentiel théorique laisse rêveur. Il est estimé entre 20 000 et 90 000 TWh par an(1). Pour comparaison, la consommation mondiale d’électricité est de l’ordre de 16 000 TWh par an.

Un potentiel énorme encore sous-exploité

Avec plus de 11 millions de km² de surface maritime sous sa juridiction, et 5 500 km de côtes rien qu’en métropole, la France a de sérieux atouts en main pour développer les EMR. En février 2017, le pays s'est doté d'une stratégie nationale pour la mer et le littoral qui prévoit notamment de soutenir les filières innovantes et de favoriser la recherche et le développement en la matière. Parmi ces énergies marines prometteuses, l’énergie osmotique, appelée aussi énergie bleue, possède un potentiel énorme estimé à 2 000 TWh/an. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Le différentiel de salinité de l’eau

L’énergie osmotique résulte de la différence de salinité entre deux milieux aquatiques. Lorsque deux masses d'eau (l'une douce, l'autre salée) sont mises en contact à travers une membrane semi-perméable (c’est-à-dire qui laisse passer l’eau mais qui bloque le sel), l’eau douce migre naturellement vers le contenant de l’eau salée. Ce phénomène d’osmose, le même qui est exploité pour dessaler l'eau de mer, génère une pression qu'une turbine convertit en électricité. On comprend pourquoi les estuaires, mélanges entre eaux douces et eaux marines, sont des lieux d’implantation privilégiés pour de futures centrales osmotiques.

Des freins technologiques

La technologie n’est cependant pas suffisamment aboutie pour faire l’objet d’un développement industriel. La première centrale osmotique expérimentale a été installée en Norvège en 2009. Elle comporte 2 000 mètres de membranes et dégage une puissance théorique de près de 4 kW, c’est-à-dire de quoi faire fonctionner un lave-linge en continu. Pas de quoi pavoiser. Le développement de l’énergie osmotique se heurte en effet à la performance des membranes. Et la recherche s’oriente aujourd’hui vers de nouveaux procédés utilisant des condensateurs. En avril 2018, des chercheurs du CNRS, de Sorbonne Université et de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier ont démontré l’intérêt de nouveaux matériaux carbonés pour améliorer l’efficacité du procédé. En attendant que l’énergie bleue alimente votre lave-linge, découvrez l’offre Astucio et l'électricité verte proposée par Eni, un prix bloqué pendant trois ans, révisable uniquement à la baisse.

1. Chiffres de l’Agence internationale de l’énergie.
2. https://journals.aps.org/prx/abstract/10.1103/PhysRevX.8.021024

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