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Pleins phares sur la voiture électrique

Pleins phares sur la voiture électrique

Publié le 04 octobre 2017

Si 35 % des Français1 se disent prêts à acquérir un véhicule propre, les voitures électriques ne représentent que 0,25 % du parc automobile national, avec un peu plus de 100 000 véhicules2. Autonomie limitée, coût élevé et insuffisance de points de recharge publics constituent les principaux freins à l’achat. La voiture électrique serait-elle néanmoins sur le point de décoller ? De quoi se faire une idée.

« Nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici à 2040. » C’est par cette formule que le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, a exprimé cet été la volonté du gouvernement. Pour lui, la voiture électrique est une solution d’avenir qui, paradoxalement, ne date pas d’hier.

En effet, le premier modèle d’automobile alimenté par des batteries a été mis au point en 1881 par le limougeaud Charles Jeantaud. Dès la décennie suivante, la voiture électrique est devenue la reine des boulevards, appréciée pour sa discrétion, sa robustesse et sa facilité d’utilisation, autant de qualités dont ne bénéficiaient pas encore les moteurs à explosion.

Un contexte favorable et d’indéniables atouts

Délaissée au fil du temps, la voiture électrique fait donc aujourd’hui son retour. Et pour cause, ne produisant pas de CO2 et ne rejetant pas de polluants à l’utilisation, elle répond parfaitement aux exigences de reconquête de la qualité de l’air dans nos villes. La voiture électrique est également quasi-silencieuse, économique à l’utilisation, elle requiert peu d’entretien et son essor devrait contribuer à réduire notre dépendance énergétique au pétrole.

Trois types de voitures électriques

Aujourd’hui, trois types de véhicules électriques se partagent le marché.

• Un modèle « 100 % électrique », alimenté par une grosse batterie rechargeable destinée à stocker l’énergie, qui ne rejette pas de polluant, mais dont l’autonomie est limitée.
• Un modèle hybride qui combine un moteur électrique assurant le démarrage sur une petite distance (2 ou 3 km à 50 km/h) et un moteur thermique (essence) qui prend ensuite le relais. La batterie se recharge en récupérant l’énergie au freinage.
• Enfin, le modèle hybride rechargeable (ou plug-in) qui permet de rouler en mode purement électrique (40 à 50 km jusqu’à 130 km/h) grâce à des batteries de grande capacité rechargeables sur le secteur.

Alors, c’est quoi le problème ?

Pourtant, lorsque l’on analyse les impacts environnementaux et sociaux de la voiture électrique sur l’ensemble de son cycle de vie, la perplexité l’emporte. Ses détracteurs regrettant notamment que ce mode de déplacement règle un problème de pollution en le déportant ailleurs. En effet, l’essor du parc électrique va entraîner une extrême pression sur les besoins en métaux et terres rares (lithium, cobalt, graphite…), dans une logique extractiviste pourtant décriée pour le pétrole, et obliger à produire, en France, beaucoup plus d’électricité. Le recyclage des batteries et des matériaux composites destinés à alléger les structures de l’automobile, réclame également beaucoup d’énergie et l’usage de produits chimiques très peu écolos…

La voiture électrique ne pourra donc peut-être pas, à elle seule, résoudre la question de la mobilité durable. L’avenir est sûrement au partage de la route.

1. Troisième édition du baromètre Ipos, Les Français et la mobilité électrique, septembre 2016.
2. Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

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