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Quand le CO2 deviendra ressource

Quand le CO2 deviendra ressource

Publié le 21 février 2018

Réduire nos émissions de gaz à effet de serre est un impératif pour lutter contre le réchauffement climatique, préserver la planète et rendre notre air plus respirable. Dans ce contexte, d’innombrables recherches sont menées en vue de capter le CO2 pour le stocker ou le valoriser à grande échelle.

La production de dioxyde de carbone (CO2) dite anthropique, c’est-à-dire liée aux activités humaines, joue un rôle important dans le réchauffement climatique. Pour enrayer le phénomène, il faudrait réduire au plus vite nos émissions au niveau mondial. Une hypothèse bien peu réaliste, en Europe comme dans les pays émergeants qui connaissent, au contraire, un fort développement industriel. Après trois année de stagnation, les résultats ont affiché en 2017 une hausse de 2%*. Les scientifiques travaillent donc à chercher des solutions, comme capturer le CO2 à grande échelle en vue de le stocker dans le sous-sol.

Emprisonner le CO2 sous terre

Quelques expérimentations de captage-stockage fonctionnent déjà, notamment aux Etats-Unis et au Canada. Le CO2, après avoir été extrait des fumées d’usines où il se trouve fortement concentré, est acheminé puis injecté dans une cavité souterraine. Les technologies de forage et d’injection sont aujourd’hui bien éprouvées et les réservoirs potentiels ne manquent pas. Il peut s’agir, par exemple, de gisements de pétrole ou de gaz naturel épuisés, ou encore de veines de charbon inexploitées. Reste que le stockage géologique est coûteux, en argent comme en énergie, et les risques environnementaux et sanitaires qui en découlent mal connus.

Utiliser le CO2 comme matière première

C’est pourquoi les recherches s’orientent dans des directions complémentaires, et la compétition internationale fait rage en la matière. Les scientifiques, au lieu de considérer le CO2 comme un déchet à enfouir, cherchent à l’imaginer comme ressource potentielle, valorisable à terme dans des applications industrielles, chimiques ou biologiques, ayant un impact neutre sur l’environnement. Les atomes de carbone présents dans la molécule entrent déjà dans le processus de fabrication de beaucoup de produits : engrais, plastiques, lessive, médicaments… Il s’agit d’aller plus loin.
Les chercheurs travaillent sur ce que l’on appelle le stockage chimique du CO2, c’est-à-dire les méthodes destinées à le transformer en molécules intéressantes : de type hydrocarbure pour les automobiles de demain, ou encore méthanol, un alcool utilisé comme solvant. Pour cela, ils s’inspirent de ce que fait la nature, car les organismes vivants, comme les plantes, transforment naturellement le CO2 en monoxyde de carbone, très utile dans l’industrie chimique. En l’état actuel des connaissances, les catalyseurs permettant cette transformation emploient des métaux rares dans un processus énergivore et coûteux.
D’autres équipes étudient la carbonatation minérale du CO2, c’est-à-dire sa transformation en roche, et d’autres encore son emprisonnement dans des granulats de béton recyclé.
L’idée qui préside toutes les recherches étant qu’à terme, réinjecter le CO2 dans un processus de fabrication sera moins cher que de l’enfouir. Mais ces études nécessitent encore des développements importants. A suivre, donc.

Source : lefigaro.fr

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